#Enquete Montagne d'argent pour les industries pharmaceutiques

person Posté par: Salvador LO VOI list Dans: ☼ Cannabis médicinal, sa législation en Europe Sur: favorite Frappé: 62
Guérir ne rapporte pas ou le paradoxe de l’industrie pharmaceutique, nous sommes des moutons, des fourmis, on ne s'imagine pas ce qui se passe dans les directions de ces multi nationales

En 2016 aux États-Unis, 65 000 personnes sont mortes d’overdose d’opiacés. Ces substances commercialisées pour lutter contre la douleur sont devenues la drogue des quartiers populaires et moyens, avec un nouveau genre de toxicomanes ayant basculés dans la drogue après une simple prescription d’analgésiques. Parmi les responsables de cette hécatombe sans précédent, on trouve le laboratoire Perdue Pharma. Au milieu des années 1990, il lance comme d’autres concurrents des antidouleurs toujours plus puissants en dépit des risques avérés d’addiction (dans la fiction télévisée, c’est le docteur House qui est accro à la Vicodin, puissant antalgique, suite à sa prescription après un accident)

L’OxyContin, antalgique apparenté à la morphine, devient son produit phare. Pour se donner les moyens d’en faire un blockbuster, « le laboratoire déploie une armée de plus de sept cents représentants de commerce pour en vanter les mérites aux praticiens du pays. Il publie des vidéos, des brochures, des chansons consacrées au remède miracle, et imprime 34 000 coupons offrant des prescriptions gratuites. En 1996, les ventes d’OxyContin lui rapportent 45 millions de dollars. Quatre ans plus tard, elles s’élèvent à plus de 1 milliard de dollars et surpassent les recettes du Viagra. » 200 000 morts depuis 1999, voilà le bilan des stratégies commerciales agressives ayant popularisé l’OxyContin et ses concurrents

Source : frustrationlarevue.fr

La France n’est hélas pas en reste. 1 300 à 1 800 personnes seraient décédées à cause du Mediator, un produit phare du laboratoire Servier, qui avait réussi à faire passer ce qui était à la base un médicament antidiabétique pour un coupe-faim susceptible de lutter contre l’obésité. Malgré la mise en examen pour « tromperie aggravée » de son PDG en 2012, le laboratoire Servier va bien : il s’est implanté il y a quelques semaines aux États-Unis après la plus grosse acquisition de son histoire

L’État, victime consentante ou comment l’industrie pharmaceutique fait la loi
Les histoires de médicaments finissent mal, en général… pour les patients, mais pas pour les labos, qui s’en sortent finalement assez bien malgré les scandales. Il faut dire que quand ils éclatent, les dividendes ont déjà été versés : la logique du blockbuster est le court-terme, et quand les autorités arrivent, lorsqu’elles arrivent, c’est bien trop souvent après la bataille. Il se trouve que la France est un paradis pour les laboratoires pharmaceutiques : l’assurance-maladie prend largement en charge les dépenses de santé, ce qui crée un marché constant, et l’État se montre particulièrement complaisant à l’égard du secteur. Le gouvernement actuel, comme les précédents, cultive des liens étroits avec le milieu pharmaceutique. Casserole embarrassante de Macron pendant sa campagne, son conseiller santé, le docteur Jacques Mourad, était très lié aux laboratoires Servier : plus de 80 000 euros de frais de restaurants, de logements et de transports et de nombreuses interventions pour le laboratoire entre le 1er janvier 2013 et fin juin 2016 ont été révélés en mars 2017, entraînant sa démission